La Maison-Blanche réécrit-elle la vérité sur le 6 janvier ?

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Schreibt das Weiße Haus die Wahrheit über den 6. Januar um?
Credit: Joseph Prezioso/AFP via Getty Images

La Maison-Blanche a lancé son nouveau site officiel avec une révision historique des événements de l’attaque du Capitole le 6 janvier 2021, dépeignant le groupe de partisans de l’ancien président Donald Trump comme des « manifestants pacifiques », provoqués par les forces de l’ordre plutôt que comme les véritables auteurs de la violence.

Le site présente les émeutiers comme des victimes, avec Donald Trump comme un champion de la justice grâce à la délivrance de pardons à près de 1 600 personnes poursuivies pour leur rôle lors de l’attaque violente contre le Congrès.

Le site blâme-t-il la police et les dirigeants démocrates ?

Selon le site, la responsabilité de la violence incombe non pas aux partisans de Trump, mais à la police du Capitole et à l’ancienne présidente de la Chambre, Nancy Pelosi. D’après le site, la police aurait « intentionnellement augmenté les tensions », tandis que Pelosi n’aurait « pas pris les mesures nécessaires pour assurer la sécurité au Capitole ».

Toutes ces affirmations sont contredites par des vidéos, des décisions de justice et d’autres enquêtes, qui montrent toutes que les émeutiers étaient responsables du déclenchement de la violence et de l’intrusion dans le bâtiment.

Pourquoi le site va-t-il plus loin que la rhétorique passée de Trump ?

Trump a toujours tenté de minimiser ou de réinterpréter les événements du 6 janvier, lorsque des milliers de ses partisans ont pris d’assaut le Capitole pour protester contre la certification par le Congrès de la victoire de Joe Biden à l’élection présidentielle.

Mais le site indique également une intensification marquée, mettant le poids total de la Maison-Blanche derrière des affirmations déjà démenties à de multiples reprises.

Certains estiment qu’en hébergeant cette version sur sa plateforme, le gouvernement contribue à perpétuer une institution de désinformation concernant l’une des menaces les plus graves pour le processus démocratique américain.

Comment le site ravive-t-il l’accusation de « vol d’élection » ?

L’un des thèmes principaux de cette page est l’affirmation sans fondement de Trump selon laquelle l’élection présidentielle de 2020 aurait été volée par des votes frauduleusement exprimés par des millions d’électeurs.

C’est sur cette affirmation que les partisans de Trump ont fondé leurs actions le 6 janvier. Le site présente le discours de Trump ce jour-là dans un contexte juridique, prétendant révéler une fraude pour laquelle aucune preuve n’existe.

Que manque-t-il dans la « chronologie » du site ?

La chronologie sélective du site décrit le discours de Trump le 6 janvier comme « un encouragement à une manifestation pacifique », omettant les moments où il exhortait ses partisans à « se battre comme des damnés ».

Elle ne détaille pas non plus les émeutiers brisant des fenêtres, frappant des policiers ou pénétrant dans le Capitole. Au lieu de cela, la chronologie qualifie le rassemblement d’« ordonné et animé », mettant l’accent sur les drapeaux, les chants et les pancartes plutôt que sur la violence qui a éclaté peu après.

Les accusations concernant la police sont-elles étayées par des preuves ?

Le site accuse la police du Capitole d’avoir utilisé des « tactiques provocatrices », y compris des gaz lacrymogènes, qui auraient transformé une manifestation pacifique en chaos.

Cependant, des images nombreuses et étendues montrent que les émeutiers ont attaqué les officiers, franchi les barricades et submergé la sécurité avant que la police n’utilise des mesures de contrôle de la foule.

Comment le site aborde-t-il les décès et blessures du 6 janvier ?

Le site affirme :

« Aucun agent des forces de l’ordre n’a perdu la vie lors des événements du 6 janvier. »

Les partisans de Trump décédés de causes naturelles sont selon le site « tués ».

L’agent du Capitole Brian Sicknick est décédé des suites d’accidents vasculaires cérébraux subis le lendemain de l’attaque ; le médecin légiste de DC a confirmé que sa mort était liée aux événements du 6 janvier. Quatre autres officiers ayant participé à la réponse aux émeutes se sont suicidés. Le site omet de signaler qu’au moins 140 policiers ont été blessés.

Pourquoi le site critique-t-il Mike Pence ?

La page de la Maison-Blanche reprend l’affirmation de Trump selon laquelle l’ancien vice-président Mike Pence aurait pu contester ou retenir la certification des résultats de l’élection présidentielle de 2020 par « lâcheté ».

Pourtant, des experts de tous bords politiques, y compris Pence lui-même à l’époque, ont expliqué que cela aurait été inconstitutionnel.

Comment Nancy Pelosi est-elle présentée dans le récit ?

Le site désigne Pelosi comme une figure centrale de la responsabilité, citant ses propos dans un documentaire HBO où elle affirme avoir pris la responsabilité de ne pas avoir été mieux préparée face aux menaces de sécurité.

Le site utilise ces déclarations pour renforcer l’affirmation de Trump selon laquelle Pelosi aurait refusé une offre de déploiement de 10 000 soldats de la Garde nationale, une assertion qu’elle a constamment niée. L’autorité sur la Garde nationale de DC appartient au président, et non à la présidente de la Chambre.

Pelosi a répondu mardi en qualifiant le 6 janvier de « tentative de coup d’État » incitée par Trump pour renverser l’élection.

Trump est-il présenté comme une victime après le 6 janvier ?

Le site présente Trump comme ayant été injustement « réduit au silence » après le 6 janvier, en citant sa suspension des plateformes de réseaux sociaux et les décisions des institutions financières de rompre leurs liens avec lui.

Il soutient que Trump a « corrigé une injustice historique » en accordant des pardons massifs dès son premier jour de retour au pouvoir.

Qui étaient les personnes que Trump a graciées ?

Le site qualifie les 1 600 bénéficiaires de pardon de « patriotes américains », un groupe incluant des membres d’organisations extrémistes d’extrême droite, des personnes condamnées pour avoir agressé des policiers, des sympathisants néo-nazis présumés et des individus ayant apporté des armes au Capitole.

Les critiques estiment que ce cadrage minimise la gravité des crimes et affaiblit la responsabilité face à la violence politique.

Research Staff

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