Clarification de la Norvège : Relancer le plan de paix du Quartet américain au Soudan

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Norway's Clarification: Reviving Stalled US Quartet Peace Plan in Sudan
Credit: apanews.net

Le 27 novembre 2025, l’envoyé spécial de la Norvège au Soudan, Andreas Kravik, a mené une intervention diplomatique décisive lors d’une réunion à Port-Soudan avec le chef des Forces armées soudanaises (SAF), le général Abdel Fattah al-Burhan. Kravik a confirmé qu’il n’existait aucune nouvelle proposition de paix soutenue par les États-Unis en dehors de l’initiative du Quartet de septembre 2025, impliquant les États-Unis, l’Arabie saoudite, l’Égypte et les Émirats arabes unis. Cette clarification a contredit les rumeurs d’une stratégie exigeant la dissolution de l’armée, rumeurs qui avaient alimenté les tensions et entraîné l’enlisement des discussions pendant plusieurs semaines.

Cette mise au point a recentré l’attention sur le cadre initial visant à instaurer un cessez-le-feu humanitaire de trois mois, suivi d’une transition vers un gouvernement civil. Alors que la guerre atroce au Soudan entre dans sa troisième année et que le bilan dépasse les 40 000 morts, la pression pour remettre le processus de paix sur les rails devient de plus en plus urgente. Les malentendus ont souvent influencé les réactions militaires, particulièrement sur un champ de bataille fragmenté où les SAF et les Forces de soutien rapide (RSF) se disputent l’avantage à Darfour, à Khartoum et dans le corridor central.

Kravik a souligné que la Norvège joue depuis longtemps un rôle de médiation reconnu au Soudan, et a mis en lumière la dépendance croissante des États-Unis envers les médiateurs européens pour transmettre des messages sensibles, alors que les acteurs soudanais se montrent de plus en plus méfiants face à l’évolution de la politique américaine dans la région en 2025.

Réévaluer la stratégie initiale du Quartet

L’initiative du Quartet repose sur un programme en deux étapes. La première prévoit un cessez-le-feu humanitaire urgent de 90 jours destiné à ouvrir des corridors d’aide vers les zones frappées par des conditions proches de la famine. La seconde phase impose la cessation définitive des hostilités et une transition politique de neuf mois sous direction civile. En réaffirmant qu’aucune alternative n’existe, la Norvège soutient la position du Quartet selon laquelle la feuille de route de septembre reste le cadre unique. Les membres du Quartet réitèrent que le conflit soudanais n’a pas de solution militaire et que sa prolongation menace l’intégrité territoriale du pays.

Points de pression et leviers au sein du Quartet

Chaque membre du Quartet exerce un levier distinct. L’Égypte soutient les SAF et défend la préservation des structures étatiques ; l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis disposent d’une influence considérable sur les réseaux alignés avec les RSF ; les États-Unis, quant à eux, jouent un rôle de coordination, définissant sanctions et attentes diplomatiques liées au respect du cessez-le-feu. Cet ensemble interdépendant constitue le pilier de la crédibilité du plan, et la clarification apportée par la Norvège contribue à éviter un déraillement du processus.

Les conséquences du blocage des négociations

Les discussions ont déraillé lorsque les SAF ont accusé Washington de préparer une nouvelle proposition visant à saper l’institution militaire. En expliquant qu’aucun document de ce type n’existait, Kravik a évité un effondrement total du dialogue. Le vice-ministre soudanais des Affaires étrangères a accueilli favorablement la correction, insistant sur la nécessité pour Khartoum d’être consulté avant l’introduction de tout nouveau paramètre. Al-Burhan a réitéré la même position, affirmant que le Soudan souhaitait une paix juste garantissant les droits des citoyens.

La désinformation comme facteur déstabilisateur

La circulation de fausses informations concernant un prétendu plan révisé des États-Unis a révélé la fragilité de l’environnement de négociation. Dans des régions comme le Darfour, où les RSF contrôlent de vastes territoires, les récits manipulés nourrissent rapidement la méfiance. Les SAF ont interprété ces rumeurs comme une tentative de délégitimer l’armée, durcissant encore davantage leur position.

Un impact direct sur le calendrier diplomatique

La désinformation a poussé le Quartet à réaffirmer sa cohérence interne. Elle a également démontré l’importance d’une communication précise, à un moment marqué par des changements rapides dans les dynamiques militaires et territoriales. L’intervention de la Norvège a apporté une correction qui a permis de rétablir un rythme diplomatique cohérent.

Conséquences sur les communautés et l’accès humanitaire

Alors que les négociations s’enraillaient, la situation humanitaire s’est encore aggravée. Al-Fashir demeure assiégée, et les organisations humanitaires signalent 12 millions de déplacés exposés à un risque croissant de famine. La mauvaise communication entraîne des retards dans la distribution de l’aide, mettant les négociateurs sous pression pour éviter toute nouvelle interruption susceptible d’aggraver la souffrance des civils.

L’urgence humanitaire comme moteur du récit de paix

L’effondrement des infrastructures, la pénurie de médicaments et l’inactivité des réseaux d’aide continuent de frapper les populations civiles. Le plan du Quartet ne considère pas l’accès humanitaire comme une concession politique, mais comme une nécessité vitale. Avec l’augmentation des cas de choléra dans plusieurs États fin 2025, les organisations humanitaires estiment que le temps pour éviter des décès massifs s’amenuise.

Implications politiques de la détérioration humanitaire

La crise humanitaire modifie les équilibres diplomatiques. Les acteurs internationaux lient de plus en plus le respect du cessez-le-feu à l’accès aux futurs programmes d’aide. La Norvège, en tant que médiateur, renforce cette approche en exhortant les SAF et les RSF à respecter les engagements prévus par la trêve.

Opportunités pour la participation civile durant la transition

La période de transition de neuf mois vise à relancer des institutions civiles longtemps à l’arrêt. Pourtant, la fragmentation politique demeure forte. Les islamistes alliés aux SAF cherchent à regagner en influence, tandis que la société civile craint une marginalisation. La communication norvégienne aide à préserver la structure de la feuille de route et à empêcher les factions de modifier le calendrier à leur avantage.

Le rôle de la Norvège dans la dynamique régionale et mondiale

Présente dans les processus de paix soudanais depuis le début des années 2000, la Norvège bénéficie d’une réputation d’impartialité qui lui permet de corriger les dérives diplomatiques sans provoquer de confrontation politique. Kravik poursuit cette tradition de diplomatie silencieuse mais efficace.

Les changements dans les équilibres internationaux

L’année 2025 est marquée par une influence réduite des Nations unies au Soudan après la fin de la mission UNITAMS, laissant davantage de responsabilités aux acteurs régionaux. Le Quartet, renforcé par le repositionnement stratégique des États-Unis au Moyen-Orient, joue désormais un rôle central. Cependant, la mise en œuvre des engagements reste incertaine.

Perspectives de coordination pour le Quartet

Pour que la feuille de route progresse, une pression synchronisée des membres du Quartet est nécessaire. Les échecs précédents tiennent principalement à un manque de suivi cohérent. La Norvège renforce l’unité du groupe en servant de relais crédible entre les membres du Quartet et les acteurs soudanais.

Perspectives pour relancer les négociations

La visite de Kravik cherche à réancrer le processus de paix soudanais au moment où la guerre menace une fragmentation territoriale encore plus profonde. L’ouverture des SAF à la clarification proposée offre une possibilité de reprise des pourparlers, mais l’adhésion des RSF demeure incertaine. Leur contrôle territorial étendu au Darfour renforce leur pouvoir de négociation, mais leur direction subit la pression internationale pour lever les sièges et autoriser l’aide humanitaire.

Les prochaines semaines seront décisives pour déterminer si le Quartet peut transformer ce regain de clarté diplomatique en avancées concrètes. La crise soudanaise atteint une ampleur telle que chaque retard diplomatique entraîne des conséquences humaines catastrophiques. Les observateurs s’interrogent désormais sur la capacité des médiateurs à surmonter rivalités et influences croisées. L’intervention de la Norvège pourrait remodeler le processus et déterminer si le Soudan s’approche d’un règlement politique ou s’enfonce davantage dans une fragmentation irréversible.

Research Staff

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