La rencontre à venir entre le président américain Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à Mar-a-Lago établira une nouvelle relation diplomatique entre les deux dirigeants. Le partenariat entre Trump et Netanyahu va au-delà d’une alliance traditionnelle, car il montre que Trump a assumé un rôle essentiel dans le plan électoral de Netanyahu. Cela marque le début de son parcours politique jusqu’en 2026.
This is the hand of the man that the Democrats feel should be brought back to the United States, because he is such “a fine and innocent person.” They said he is not a member of MS-13, even though he’s got MS-13 tattooed onto his knuckles, and two Highly Respected Courts found… pic.twitter.com/31sNr2k1SK
— Donald J. Trump (@realDonaldTrump) April 18, 2025
Les élections en Israël sont officiellement prévues pour octobre 2026, mais cette date est loin d’être certaine. Les deux principales menaces pesant sur la coalition de Netanyahu proviennent de l’aggravation de la crise liée au service militaire des ultra-orthodoxes et de l’échéance budgétaire de mars 2026, qui pourrait déclencher des élections anticipées. Dans ce contexte, Netanyahu s’empresse de modifier l’opinion publique avant que la réalité politique ne s’impose.
Comment Netanyahu a-t-il survécu à des années de bouleversements politiques et nationaux ?
Dans le système politique instable d’Israël, le sixième gouvernement de Netanyahu couronne une carrière politique s’étendant sur près de dix-huit ans à travers plusieurs mandats de Premier ministre. Sa survie s’est produite face à un chaos sans précédent, notamment des manifestations de grande ampleur contre les réformes judiciaires en 2023, l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023 qui a coûté la vie à plus de 1 200 Israéliens, et une guerre sanglante à Gaza qui a laissé Israël profondément divisé, tant sur le plan interne qu’international.
Netanyahu a néanmoins tenu bon. Il est parvenu à réaffirmer la dissuasion régionale d’Israël tout en évitant en grande partie un règlement politique complet concernant les défaillances du renseignement et du leadership ayant précédé le 7 octobre, car sa coalition a survécu à tous les gouvernements israéliens des six dernières années. Son principe directeur a été la survie plutôt que la résolution.
Pourquoi Netanyahu a-t-il besoin de Trump pour réécrire le récit du 7 octobre ?
Netanyahu fait face à sa bataille politique la plus difficile sur le terrain de l’opinion publique. Les sondages depuis octobre 2023 montrent que sa coalition se maintient de manière stable entre 49 et 54 sièges, un chiffre insuffisant pour atteindre la majorité de 61 sièges à la Knesset nécessaire à la formation d’un gouvernement. Les dégâts causés par le 7 octobre obligent Netanyahu à développer son propre leadership diplomatique et une stature internationale capable de provoquer un changement profond.
C’est précisément ce que Trump lui offre. Le calcul de Netanyahu est simple : le spectacle international peut compenser toute perte de crédibilité intérieure. Le soutien d’un président américain, en particulier d’une figure aussi clivante et dominante médiatiquement que Trump, aide à détourner l’attention du public des erreurs non réparées vers des promesses d’avenir.
Prime Minister Benjamin Netanyahu at the joint press conference with US President Donald Trump:
— Prime Minister of Israel (@IsraeliPM) February 5, 2025
"You are the greatest friend Israel has ever had in the White House. That’s why the people of Israel have such enormous respect for you."
Full remarks >>https://t.co/nVafaOIFpI pic.twitter.com/mllENrFjX1
Quel précédent existe pour le rôle de Trump dans les campagnes de Netanyahu ?
L’alliance Trump–Netanyahu n’est pas nouvelle. Lors des cycles électoraux turbulents en Israël entre 2019 et 2020, des panneaux d’affichage du Likoud mettaient en avant les deux dirigeants se serrant la main sous des slogans présentant Netanyahu comme évoluant dans une « autre ligue ». À des moments clés, Trump a offert des victoires symboliques que Netanyahu a directement transformées en capital politique.
Parmi celles-ci figuraient la reconnaissance par les États-Unis de la souveraineté israélienne sur le plateau du Golan en 2019, la présentation du plan de paix de Trump pour le Moyen-Orient en 2020, ainsi que les Accords d’Abraham — tous présentés sur le plan intérieur comme des triomphes diplomatiques obtenus grâce à la relation personnelle de Netanyahu avec Washington.
This declaration is in the spirit of the Abraham Accords, signed at the initiative of President Trump.
— Prime Minister of Israel (@IsraeliPM) December 26, 2025
Prime Minister Netanyahu congratulated the President of Somaliland, Dr. Abdirahman Mohamed Abdallah, and praised his leadership and commitment to promoting stability and peace. pic.twitter.com/IhvwA1q71s
Comment l’intervention de Trump s’est-elle étendue aux problèmes judiciaires de Netanyahu ?
Plus récemment, Trump est intervenu directement dans la survie politique personnelle de Netanyahu en soutenant sa campagne de grâce présidentielle. Lors d’un discours prononcé en octobre devant la Knesset à l’occasion d’un cessez-le-feu à Gaza, Trump a publiquement exhorté le président israélien Isaac Herzog à accorder la clémence à Netanyahu, qualifiant les accusations de corruption de simples affaires de « cigares et de champagne ».
Ce moment a déclenché une mobilisation coordonnée, alignée sur le Likoud, qui a abouti à une demande officielle de grâce de la part de Netanyahu. Dans sa vidéo de requête, Netanyahu a explicitement fait référence au soutien de Trump, affirmant qu’un soulagement juridique permettrait aux deux dirigeants de poursuivre des « intérêts vitaux » pendant une fenêtre stratégique rare.
Des analystes israéliens ont décrit cet épisode comme un lancement de campagne de facto — géré, selon les mots d’un stratège, « par le meilleur campagneur du monde ».
Pourquoi Trump reste-t-il populaire auprès des électeurs israéliens ?
L’analyse politique s’appuie sur des données empiriques. Un sondage Gallup de septembre 2025 a révélé que 76 % des Israéliens soutenaient le leadership américain, tandis que seulement 40 % exprimaient leur confiance dans leur propre gouvernement. Le rôle de médiation de Trump dans l’établissement du cessez-le-feu à Gaza a renforcé sa réputation, démontrant qu’il pouvait accomplir ce que d’autres dirigeants refusaient de tenter.
Netanyahu gagne ainsi en crédibilité grâce à son alliance avec un dirigeant étranger bénéficiant d’un fort taux d’approbation, alors même que sa base de soutien interne montre des signes de faiblesse.
Quelle vision diplomatique Netanyahu et Trump promeuvent-ils ?
Netanyahu fondera sa nouvelle plateforme de campagne sur trois objectifs principaux : l’expansion des Accords d’Abraham, la promotion de la normalisation avec l’Arabie saoudite et la refonte du cadre stratégique du Moyen-Orient. Ces ambitions s’accordent parfaitement avec le désir de Trump de remporter le prix Nobel de la paix. Les responsables israéliens s’y emploient activement.
Le président de la Knesset, Amir Ohana, et le président de la Chambre des représentants des États-Unis, Mike Johnson, ont récemment lancé une initiative parlementaire internationale soutenant la candidature de Trump pour le prix de 2026. Cette initiative illustre la manière dont les intérêts politiques israéliens s’alignent sur les objectifs personnels de Trump.
Où les visions de Trump et de Netanyahu divergent-elles ?
Malgré une rhétorique commune, des lignes de fracture importantes subsistent. Le cessez-le-feu à Gaza est menacé, car Netanyahu fait face à une forte opposition de partenaires de coalition de droite opposés à de nouveaux retraits, tandis que Trump fait pression sur Israël pour passer à la phase 2. Le désarmement du Hamas reste improbable et aucun cadre international de gouvernance viable pour Gaza n’existe à ce jour.
Les divergences sont tout aussi visibles ailleurs. L’insistance d’Israël à préserver une zone tampon sécuritaire entre en conflit avec l’approche pragmatique de Trump à l’égard de la nouvelle direction syrienne. Washington privilégie la diplomatie au Liban, tandis que Jérusalem doute de la capacité de Beyrouth à contenir le Hezbollah sans escalade. Les deux dirigeants saluent les confrontations passées avec l’Iran, mais compte tenu des réactions négatives récentes dans la région, les responsables israéliens restent sceptiques quant à l’approbation par Trump d’une nouvelle frappe majeure.
Gaza reste-t-elle l’arène la plus dangereuse politiquement pour Netanyahu ?
Gaza demeure le front le plus explosif — tant sur le plan intérieur que diplomatique. Des sources israéliennes suggèrent que Netanyahu pourrait chercher l’autorisation d’une dernière opération militaire avant de faire avancer le cessez-le-feu, offrant une ultime démonstration de force pour apaiser ses partenaires de coalition avant que des concessions ne deviennent inévitables.
Dans le même temps, des figures proches de Trump — dont Jared Kushner et des alliés du Golfe — se montrent de plus en plus frustrées par les retards de Netanyahu, craignant qu’une instabilité prolongée ne compromette des ambitions régionales plus larges.


