Trump révèle pourquoi les États-Unis ont boycotté le Sommet du G20 en Afrique du Sud : « On tue des Blancs »

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From Bluster to Barrier: Decoding US Immigration Freeze's Impact on African Flows
Credit: Abdoalsalam Abdallah

Le président Donald Trump a publiquement expliqué pourquoi les États-Unis avaient refusé de participer au Sommet des dirigeants du G20 à Johannesburg. Ses propos ont porté sur les accusations selon lesquelles des Blancs seraient tués en Afrique du Sud, en particulier les agriculteurs blancs d’ascendance afrikaner. Il a également affirmé que les saisies de terres étaient menées de manière arbitraire et violente, donnant l’impression d’une grave crise en matière de droits humains. Ses déclarations ont ravivé de vieux récits diffusés par certains cercles politiques et ont reflété un durcissement du discours de son administration sur les violations des droits humains à travers une grille de lecture sélective.

Le gouvernement sud-africain a vigoureusement rejeté ces accusations. Le président Cyril Ramaphosa les a qualifiées de fausses et nuisibles, insistant sur le fait que l’Afrique du Sud est une démocratie constitutionnelle dotée de solides garanties juridiques. Sa présidence a souligné que la criminalité violente touche toutes les communautés, affirmant que la présenter comme une campagne raciale ciblée constitue une distorsion des faits. L’administration sud-africaine a également démenti l’affirmation de Trump selon laquelle le G20 aurait été « mal organisé », en rappelant que la passation de la présidence s’était déroulée correctement, en présence de représentants diplomatiques américains.

Preuves contestées et contexte politique interne

Les déclarations de Trump ont ravivé les débats autour d’accusations déjà circulantes dans certains espaces politiques en ligne. En 2025, les organisations indépendantes de la société civile sud-africaine et les milieux universitaires n’avaient toujours trouvé aucune preuve d’une campagne raciale approuvée par l’État. Les deux pays reconnaissent que le thème du « génocide des fermiers blancs » revient régulièrement dans certains discours politiques aux États-Unis, particulièrement durant les périodes électorales de Trump. L’annonce de 2025 a donc attiré l’attention sur l’influence du contexte politique interne américain dans la formulation de sa politique étrangère.

Impact sur la position diplomatique de l’Afrique du Sud

Le gouvernement de Ramaphosa a cherché à limiter les conséquences à long terme et à réaffirmer sa volonté de coopérer de manière constructive. Toutefois, cette controverse a placé le pays au cœur d’un débat géopolitique sur les droits humains, la souveraineté et les normes internationales de gouvernance. Des responsables sud-africains ont exprimé en privé leur inquiétude quant au fait que la position américaine puisse influencer l’opinion internationale et porter préjudice à la coopération économique.

Conséquences diplomatiques pour le G20 et la gouvernance mondiale

Le boycott américain a ébranlé l’organisation du Sommet du G20 de 2025, un forum historiquement dépendant de la participation des grandes puissances. L’absence de Washington a pesé notamment sur les discussions liées à la restructuration de la dette mondiale, au financement climatique et au développement durable, domaines où la voix américaine a traditionnellement une influence majeure. Trump a critiqué le thème du sommet, axé sur la diversité, l’équité et l’inclusion, le qualifiant de « diviseur » et incompatible avec les priorités américaines. Cette position a illustré un changement plus large dans l’approche de Washington envers le multilatéralisme en 2025, marqué par une participation sélective et discriminatoire.

Mesures politiques aggravant les tensions bilatérales

Le boycott du G20 n’a pas été la seule action significative. L’administration Trump a suspendu plusieurs programmes d’aide américaine en Afrique du Sud, notamment dans le secteur de la santé, dont certains étaient historiquement liés au PEPFAR. Les voies d’accueil humanitaire et de réfugiés ont été réorientées en faveur de Sud-Africains blancs affirmant être persécutés. Ces décisions ont profondément redéfini la coopération bilatérale et annoncé l’une des périodes les plus tendues des relations États-Unis–Afrique du Sud depuis la fin de l’apartheid.

Implications plus larges pour la coopération internationale

L’absence des États-Unis au sommet a inquiété de nombreux gouvernements participants, qui y ont vu un affaiblissement des dynamiques de coordination économique mondiale. Cette distanciation diplomatique a révélé la fragilité des systèmes multilatéraux lorsque des acteurs majeurs choisissent la non-coopération. Plusieurs représentants ont souligné que l’intégrité du G20 repose sur la participation prévisible de ses principales économies, et qu’un tel boycott crée un précédent préoccupant.

Réactions régionales et internationales au-delà du G20

Les réactions internationales aux déclarations de Trump ont majoritairement été critiques. Plusieurs gouvernements européens et asiatiques ont jugé sa décision disproportionnée et fondée sur des informations contestées. La société civile sud-africaine a accusé Trump de raviver des tensions raciales et de déformer les réalités internes du pays.

Le récit de violences ciblées et sa réception

Les chercheurs sud-africains ont reconnu que la violence rurale constitue un problème réel, tout en soulignant que les données montrent une victimisation multiraciale. Historiens et analystes ont rappelé que qualifier la situation de « génocide » ne correspond à aucun fondement empirique. Toutefois, ce récit trouve un écho dans certains segments politiques américains, renforçant la connexion entre politique étrangère et discursivité interne.

Intersection avec d’autres différends géopolitiques

Cette tension diplomatique s’inscrit dans un contexte de désaccords plus larges entre les États-Unis et l’Afrique du Sud. Pretoria avait saisi la Cour internationale de justice concernant le conflit israélo-palestinien, ce qui avait irrité Washington plus tôt dans l’année. Ce cumul de désaccords a accentué la divergence idéologique et amplifié l’impact du boycott du G20.

L’avenir des relations États-Unis–Afrique du Sud et du G20

Trump a annoncé que l’Afrique du Sud ne serait pas invitée au Sommet du G20 de 2026 à Miami, ravivant les inquiétudes quant à l’avenir de la coopération au sein du forum. L’exclusion d’un État membre d’un tel rassemblement constitue une mesure inhabituelle, suscitant des interrogations quant à la stabilité du G20 et à la montée de la fragmentation géopolitique.

Risques pour la coopération économique et sécuritaire

La détérioration des relations dépasse le registre symbolique. L’Afrique du Sud a été un partenaire clé dans les initiatives américaines de développement et de sécurité régionale. Une coopération réduite pourrait affecter la santé publique, les échanges commerciaux et la stabilité régionale en Afrique australe. Les analystes soulignent que des décisions politiques rapides peuvent avoir des conséquences diplomatiques durables.

Voies possibles pour un réajustement diplomatique

Malgré les tensions, des domaines de coopération subsistent, nécessitant le maintien de lignes de communication actives. Les canaux diplomatiques fonctionnent encore au niveau technique, mais l’avenir d’un dialogue politique de haut niveau reste incertain. Les institutions régionales africaines suivent de près l’évolution de ce différend, conscient de son potentiel à transformer les dynamiques d’engagement américain en Afrique.

Questions émergentes sur le rôle de la politique interne dans la politique étrangère

L’épisode du boycott du G20 illustre une intersection croissante entre politique intérieure et politique étrangère. Les déclarations personnelles de Trump, présentées comme la défense d’une communauté spécifique à l’étranger, ont relancé le débat sur la manière dont les récits identitaires influencent la politique internationale et sur les conséquences diplomatiques de déclarations non fondées lorsqu’elles sont amplifiées au niveau présidentiel.

Alors que les États-Unis se préparent à accueillir le prochain G20, l’attention mondiale reste focalisée sur la manière dont cette dispute influencera les dynamiques de participation et de dialogue. Les répercussions se font encore sentir, poussant gouvernements et analystes à examiner comment l’évolution du paysage politique reconfigure les alliances, remet en question les normes établies et façonne l’architecture de la coopération mondiale.

Research Staff

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